Présentation

Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 12:34

retraite.jpegLes élections régionales des 14 et 21 mars ont clairement manifesté un vote sanction contre le gouvernement Sarkozy et sa politique. Le résultat est l'expression d'une opposition à toutes les contre-réformes déjà effectuées ou en prévision. La population laborieuse ne supporte plus cette politique totalement au service des banquiers et des actionnaires. Elle a exprimé un rejet d'une politique de régression sociale et de casse des services publics dont la seule obsession est d'appliquer les dogmes libéraux des traités de l'Union européenne.

C’est un fait politique majeur qui a aussi une dimension européenne immédiate. Les bourgeoisies européennes se déchirent sur les politiques à adopter pour affronter la faillite et distribuer les coûts de la dévalorisation du capital. Les élections régionales en France mettent en lumière la crise politique de l’Union européenne qui atteint maintenant le sarkozysme, et la volonté des travailleurs de ne pas rester dans la passivité. Les grèves et manifestations en Grèce sont le point le plus avancé de ce processus.

Les travailleurs et la jeunesse ont utilisé le vote pour les listes PS, Europe écologie et Front de gauche ou se sont abstenus. Dans les deux cas, le résultat est le même : c'est un non à toutes les mesures prises par le gouvernement. Tous les ministres tête de liste ont été battus. La débandade de l’UMP, qui est aujourd’hui le « parti unique » la bourgeoisie, est générale. Bien qu'ils prennent acte de leur défaite, tous les porte-voix de la « majorité » présidentielle affirment leur intention de poursuivre une politique soumise aux exigences du capital. La caricature de remaniement ministériel montre que le gouvernement est dans une impasse.

De son côté le FN tire profit de l'incapacité de Sarkozy à maîtriser la crise et surtout engrange les dividendes de la campagne gouvernementale sur l'identité nationale, qui a remis sur le devant de la scène les pires thèses xénophobes et chauvines.

Certains colportent que le fort taux d'abstention signifie un rejet de tous les partis politiques. Ce faisant, ils laissent entendre qu'il n'y a pas d'issue et que la politique de Sarkozy doit s'appliquer inexorablement. La réalité est sensiblement différente. L'abstention ouvrière et populaire est le résultat de la politique des directions du PS, d'Europe écologie et du Front de gauche qui n'ont pas donné à leur campagne une claire orientation contre le gouvernement Sarkozy et sa politique. Elle traduit une défiance vis-à-vis de ces directions mais aussi une certaine désorientation.

L'absence de campagne politique sur un projet clairement défini a empêché le NPA de tenter de contrecarrer cette tendance qui, de fait, interdit aux travailleurs, votants ou abstentionnistes, de combattre dans l'unité afin d'en finir avec le gouvernement. LO a continué sa politique habituelle d’adaptation à la passivité de la gauche institutionnelle.

 

La question du gouvernement est posée !

Le capitalisme est atteint par une crise sans précédent, cette dernière exige de ré-ordonner la société pour le seul profit des exploiteurs. La marque de fabrique de ce processus est la liquidation des conquêtes sociales et spécialement des retraites. Ainsi le préambule de la programmation pluriannuelle des finances publiques annonce la couleur : réduction drastique des dépenses publiques. Le texte est sans ambiguïté : « La stratégie des finances publiques porte non seulement sur le champ de l'Etat, couvert par la loi de finances, et de la Sécurité sociale, couvert par la loi de financement de la Sécurité sociale,mais aussi sur les collectivités territoriales, l'assurance-chômage et les régimes complémentaires de retraites, soit près de 1 000 milliards d'euros de dépense publique » [1]. Cette stratégie est également celle impulsée par l'Union européenne. En Grèce, au Portugal, en Espagne les gouvernements « socialistes » s'attaquent aux retraites pour satisfaire les exigences du capital.

En France, le gouvernement Sarkozy aborde cette phase de la lutte des classes en situation de crise politique ouverte. En ce qui les concerne, les dirigeants du PS, d'Europe écologie et du Front de gauche se placent ouvertement dans la perspective de la préparation des échéances prévues en 2012. Ce qui les conduit à demander à Sarkozy de prendre en compte le verdict des régionales en modifiant sa politique. Une pure vue de l'esprit comme l'atteste la réponse de Fillon aux députés de gauche. Certes la taxe carbone est gelée, mais pas les contre-réformes concernant les retraites et les collectivités territoriales.

Actuellement, la bourgeoisie est à la recherche d'une hypothétique solution de rechange. De Villepin, espérant que tout le monde a oublié son projet de CPE défait par la mobilisation de la jeunesse, s'affiche comme un recours possible à droite. Va-t-on laisser la bourgeoisie reprendre son souffle ? Les effets de la crise du capitalisme et la poursuite de la politique de Sarkozy imposent de dire le plus nettement du monde qu'il est hors de question d'attendre 2012. Au soir du 21 mars, la situation politique n’est plus celle de 2007. Il faut le dire avec force : le Président, son gouvernement et sa majorité parlementaire sont illégitimes. La question du gouvernement est donc posée : Dehors Sarkozy !

Dans immédiat, le mot d'ordre central est : la contre-réforme des retraites ne doit pas passer. Cela demande de rompre avec la voie sans issue de 2009 : journées d’action sans revendications précises, dialogue social avec le gouvernement. Les directions syndicales doivent également cesser toute participation au Conseil d'orientation des retraites, lieu où s'élabore le diagnostic partagé prélude à la contre-réforme voulue par Sarkozy.

Les travailleurs doivent compter sur leur capacité collective pour s’organiser, se mobiliser et intervenir. C’est à travers leur intervention indépendante qu’ils pourront défendre leurs revendications politiques démocratiques et sociales, leur programme pour sortir de la crise capitaliste.

A la lumière de ce qui se passe en Grèce, en Espagne et au Portugal la question la question doit être posée au niveau de toute l'Union européenne : Vaincre le gouvernement Sarkozy sur les retraites, c'est vaincre le gouvernement « socialiste » grec sur son plan de rigueur

Battons le fer quand il est chaud !

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1.- http://www.performance-publique.gouv.fr

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 12:45

npalogo.jpgPour les élections régionales le NPA présente dans le Vaucluse une jeune femme qui porte le voile. Il est montré du doigt au nom de la laïcité. A tel point que l'association Ni Putes Ni Soumises – dont la fondatrice siège au gouvernement – a déclaré vouloir porter plainte contre le NPA. Au delà des questions que soulèvent cette candidature, la première réaction qui vient à l'esprit est de dire à cet ensemble d'hypocrites : surtout pas vous ! Vos paroles et vos actes violent régulièrement la laïcité. En voici quelques exemples.

De 1946 à 1951 un prêtre en soutane, l'abbé Pierre, fut député sans que cela heurte outre mesure. Plus près de nous, qui fut choqué lorsque Christine Boutin brandissait la Bible dans le temple républicain qu'est l'Assemblée nationale ? Silence radio quand Dominique Strauss-Kahn faisait sa campagne électorale dans certains quartiers de Sarcelles la kippa vissée sur la tête. Passées totalement inaperçues en 2008, les élections d'une conseillère municipale voilée sur la liste du maire PCF d'Echirolles (Isére) et sur la liste du maire PS à Creil (Oise). Pas une ligne dans la presse pour protester quand les Conseils régionaux de gauche plurielle – y compris le PCF et le PG – appliquent non seulement servilement la loi qui accordent des crédits aux écoles libres (essentiellement catholiques) au détriment de l'école publique, mais mieux y ajoutent une rallonge comme celui de l'Ile-de-France. Pire, il n'y a pas grand monde pour s'indigner quand le Président d'une république laïque déclare que le curé sera toujours supérieur à l'instituteur.

Faut-il que l'existence du NPA, parti en construction, inquiète à ce point les prêtres de l'ordre établi ?

Sur la candidature d'Ilham Moussaid, la discussion dans le Collectif Communiste Prométhée a dégagé deux points de vue dont le lecteur prendra connaissance à la fin de cet article. Toutefois, l'unanimité s'est faite pour réaffirmer la caractérisation que faisait Karl Marx de la religion : « La détresse religieuse est, pour une part, l'expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple » [1] L'équipe Prométhée fait sienne les conclusions que Marx tirait de cette analyse. Cela passe par un travail patient de conviction basé sur le principe suivant « la critique du ciel se transforme par là en critique de la terre. » Il n'existe pas d'autre façon de concevoir la lutte contre toutes les formes d'aliénation générées par le capitalisme en tant que système d'exploitation et « société fondée sur l'oppression et l'abrutissement des masses ouvrières » [2].

Après un an d'existence, le NPA évolue sans stratégie politique visible. Les documents adoptés au congrès de fondation sont marqués par le flou, et il n'y a pas que la question de la religion sur laquelle l'impasse a été faite. La direction est également très peu identifiable : le Conseil Politique National (CPN) est une structure pesante qui n'impulse que très peu les débats, Le Comité exécutif (CE) administre le parti et une multitude de Commissions élaborent tracts et articles du journal. Dans ce contexte, les Comités sont autonomes.

Les conséquences d'une telle situation sont de plus en plus visibles.

La campagne pour les régionales, et c'était déjà apparent pour les européennes, est marquée par une tendance à l'électoralisme par manque de délimitation politique. C'est ainsi que se manifeste une certaine tendance à mettre plus l'accent sur des revendications présentées comme possibles à la place de revendications remettant en cause le capitalisme. La présentation du NPA comme la « gauche de la gauche » afin d'aboutir à un accord stratégique avec le PG, le PCF et d'autres, est une erreur politique qui nous condamne à l’impuissance. Il découle d'une telle orientation une certaine confusion, une dispersion politique dans laquelle les régions ont conclu des accords à géométrie variable et ont élaboré leur propre plate-forme électorale.

Tout en défendant la nécessité d'une grève générale, l'orientation du NPA durant la période des puissantes journées d’action du premier semestre 2009 répond au même phénomène. Au lieu de défendre au cœur du mouvement gréviste un programme d’urgence qui remette en cause le capitalisme et de travailler à une mobilisation indépendante des bureaucraties syndicales et de la gauche institutionnelle, le NPA a signé toutes les déclarations des partis de gauche qui se limitaient à soutenir les choix des directions syndicales. Loin de nous l'idée saugrenue de réécrire l'histoire, ce premier affrontement général entre le mouvement ouvrier et le pouvoir s'est enlisé dans la tactique des directions syndicales qui cogèrent la crise avec Sarkozy.

La campagne contre la privatisation de la Poste relève également du même processus. Le NPA s'est investi totalement dans l'action commune qui culmina sur la votation où un peu plus de deux millions de personnes ont exprimé leur refus du projet gouvernemental. Cette action était un excellent tremplin pour organiser une manifestation centrale dans le but de faire céder le pouvoir. Mais les autres partenaires – partis de la gauche institutionnelle et CGT – n'en voulaient surtout pas. Résultat : l'action s'est éteinte. Aujourd’hui, Sarkozy annonce une nouvelle et brutale contre-réforme sur les retraites. Le NPA se doit d'appeler systématiquement au front unique. Il doit s’adresser à l’ensemble du mouvement ouvrier politique et syndical. Si cet appel ne trouve aucun écho – comme c'est prévisible – il faut persévérer. Dans le cas contraire, le NPA participera sans réserve à l'action commune tout en défendant, en toutes circonstances, son propre programme.

Les militants et les militantes du NPA sont les meilleurs acteurs de la plupart des luttes en cours, c'est tout à leur honneur. Il n'existe guère d'autres partis qui peuvent afficher une telle réalité. Mais être de toutes les luttes ne fait pas du NPA un parti politique de la lutte pour en finir avec le capitalisme et ouvrir la voie au socialisme. L'action anticapitaliste est identique sur le terrain électoral et sur celui des luttes. Le résultat obtenu par la position B lors de la consultation des membres du NPA sur l’orientation à mettre en œuvre pour les régionales constitue le principal point d'appui pour parvenir à ce que le NPA mette au centre de ses préoccupations politiques la lutte de la classe des travailleurs pour son émancipation.

A l'heure où le pouvoir se répand dans une dangereuse propagande sur l'identité nationale toute entière tournée contre les immigrés et essentiellement ceux de confession musulmane, le NPA doit afficher une ferme pratique de rassemblement des travailleurs sur ce qui fonde leur identité commune : l'appartenance à la même classe, celle des fossoyeurs du capitalisme. Cela signifie être le parti qui combat sans concessions la politique de Sarkozy pour que les travailleurs ne payent pas la crise du capitalisme, pour que l'Éducation nationale, la santé, la protection sociale et nos retraites ne soient pas sacrifiées sur l'autel du capitalisme.

Voilà ce que sera la réponse des militantes et des militants du NPA. De toute évidence, le prochain congrès du NPA sera le moment de tirer les leçons de l'action menée et de l'orienter dans le sens d'un programme indépendant de lutte et de réponses politiques au capitalisme en crise.

 

1.- Karl Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel. In Marx & Engels Sur la religion. Éditions sociales, 1968, page 42. Les passages en gras sont soulignés par Marx.

2.- Lénine, Socialisme et religion, 1905, Œuvres complètes, tome 10, page 84.

 

 

Positions concernant la liste « la gauche 100% sociale et écologique » présentée en Provence Alpes Côté d'Azur par le NPA et les Alternatifs

(chacune des positions représente la moitié du Collectif)

 

Position 1

« LA RELIGION, [...] DÉTOURNE L' ATTENTION DU SAVOIR RÉEL VERS UN SAVOIR FICTIF, DE LA LUTTE POUR UNE VIE MEILLEURE VERS DES ESPOIRS MENSONGERS DE RÉCOMPENSE DANS L'AU-DELÀ ; LA RELIGION EST L'OPIUM DU PEUPLE. CELUI QUI NE COMBAT PAS LA RELIGION EST INDIGNE DE PORTER LE NOM DE RÉVOLUTIONNAIRE.[...] OU PEUT-ÊTRE ALLEZ-VOUS DIRE QUE LA Religion N'A PAS D'IMPORTANCE POLITIQUE ? QUE L'ON PEUT-ÊTRE UN HOMME RELIGIEUX ET, EN MÊME TEMPS, UN COMMUNISTE CONSÉQUENT ET UN COMBATTANT RÉVOLUTIONNAIRE ? VOUS NE VOUS HASARDERIEZ PAS à UNE AFFIRMATION AUSSI TÉMÉRAIRE. NATURELLEMENT, NOUS CONSERVONS UNE ATTITUDE TOUTE DE PRUDENCE A L'EGARD DES PREJUGÉS RELIGIEUX D'UN OUVRIER ARRIÉRÉ. S'IL VEUT LUTTER POUR NOTRE PROGRAMME, NOUS L'ACCEPTERONS DANS LE PARTI MAIS EN MÊME TEMPS NOTRE PARTI L'ÉDUQUERA OBSTINÉMENT DANS L'ESPRIT DU MATÉRIALISME ET DE L'ATHÉISME ». [Léon Trotski – Lettre ouverte à Burnham].

Ces propos de Trotski signifient deux choses :
1) la religion est un instrument au service de l’exploitation, elle obscurcit la pensée. On ne peut être religieux et révolutionnaire conséquent. La religion est un refuge illusoire
2) le seul moyen pour combattre efficacement la religion est de combattre pour le programme révolutionnaire, c’est-à-dire pour le renversement du capitalisme, y compris avec les opprimés croyants, à condition de combattre leurs illusions religieuses.

C’est exactement le contraire de l’affirmation « la religion est affaire privée ». Nous combattons pour qu’elle le soit par rapport à l’Etat (laïcité) ; elle ne doit pas l’être par rapport au parti. La candidature d’Ilham Moussaïd, qui revendique son voile, met en avant, au nom du parti, non seulement un signe ostentatoire de religiosité, mais la matérialisation de la soumission à la domination masculine, quelles que soient ses proclamations « féministes » par ailleurs et la façon « dont elle le vit ». C’est une injure aux femmes qui, dans les banlieues (Vénissieux, Trappes, etc.) et dans le monde entier (Iran, Algérie, etc) se battent contre cet instrument d’oppression qui se présente sous la forme de la burka, du niqab, du hidjeb ou du foulard. Pour qui prend-on les jeunes des banlieues, en prétendant qu’il faut revêtir l’instrument qui les asservit pour pouvoir communiquer avec elles ?

Les libertés démocratiques conquises dans ce pays ne s’appliquent-elles pas aux femmes musulmanes ? Le voile serait-il devenu le passeport indispensable pour accéder aux « quartiers populaires » ?

 

Position 2

La présentation d'une militante voilée a donné lieu à de vives discussions et à de violentes polémiques . A ce sujet il nous semble indispensable de faire les précisions suivantes :
- cette militante du NPA défend le programme du parti ; elle est pour l'avortement, pour la contraception, contre l'homophobie et contre les subventions à toutes les écoles religieuses ;
- elle est pour l'interdiction des licenciements, pour la lutte des classes et contre le capitalisme.

Elle est donc mille fois moins réactionnaire que certaines militantes non voilées du PS et du PCF et ce programme va dans le sens de l'unité de tous travailleurs, français et immigrés, et de leurs organisations contre le gouvernement Sarkozy-Fillon.

Certes elle porte le voile, mais on peut avoir des préjugés religieux et être laïque :
- adhérente du NPA elle a rompu avec bien des croyances sur le capitalisme et sur les appareils contre révolutionnaires et donc, elle a effectué dans le sens de la révolution, biens plus de pas que des millions de travailleurs non religieux et de militants du PS et du PCF.
- militante du NPA , elle peut donc parfaitement représenter le parti lors d'une distribution de tracts dans la rue ou aux portes des entreprises et elle peut parfaitement le représenter dans une réunion unitaire. Par conséquent , au nom de quoi, ne pourrait- elle pas représenter le NPA dans une élection ?

Le seul critère qui doit nous permettre de prendre la décision de présenter telle ou telle candidate est sa place dans la lutte des classes et non pas la volonté de s'adapter à ce que l'on croit être la population d'un quartier. « Si un prêtre vient à nous pour militer à nos côtés et qu’il s’acquitte consciencieusement de sa tâche [...] nous pouvons l’admettre dans les rangs de la social-démocratie, car la contradiction de l’esprit et des principes de notre programme avec les convictions religieuses du prêtre, pourrait, dans ces conditions, demeurer sa contradiction à lui, [...] si, par exemple, un prêtre entrait au parti social-démocrate et engageait à l’intérieur de ce parti, comme action principale et presque exclusive, la propagande active de conceptions religieuses, le parti devrait nécessairement l’exclure de son sein » [ Lénine, De l'attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion, mai 1909]

Pour toutes ces raisons, nous défendons la candidature de cette militante du NPA, que le parti, dans le cours de la lutte des classes, s'efforcera de convaincre de la validité du matérialisme et de la dialectique.

 

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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 10:27

guerreLa fin de l’année 2009 marque l’achèvement de 7 années de guerre en Afghanistan. En 2001, plusieurs centaines d’hommes des forces spéciales américaines avaient suffit à envahir l’Afghanistan, à mener la conquête du pays en quelques semaines et à susciter la chute du régime rétrograde taliban. 7 ans plus tard, alors qu’une conférence internationale sur l’Afghanistan s’est tenue à Londres le 28 janvier 2010, l’heure n’est plus au triomphalisme.

 

 

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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 18:30

mains.jpgMême si officiellement le Président se refuse à dévoiler le contenu de la future contre-réforme de notre système de retraites, tout un chacun en connait les grandes lignes, il faudra que les salariés consentent à de nouveaux sacrifices : travailler plus longtemps pour avoir une retraite toujours plus faible.

Voilà que Martine Aubry vient à la rescousse du Président sur la question tabou : l'âge de départ à la retraite. Ce dernier est de 60 ans depuis le premier gouvernement Mitterrand. Bien que depuis la loi Fillon de 2003 il soit devenu virtuel [1], aucun gouvernement n'avait osé y toucher car ça aurait pu énerver les directions de la CGT et de FO.

Et bien la très sociale première secrétaire du PS ose. Elle a déclaré le 17 janvier au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro qu'on devrait « aller très certainement [vers une retraite] à 61 ans ou 62 ans. » Il paraît que certains se sont évanouis au siège du MEDEF en entendant cela.

Ces propos représentent ni plus ni moins qu'un sacré coup de main au Président qui cherche la meilleure façon de s'y prendre pour imposer la solution du patronat sans trop de casse sociale. Quelques grandes manifestations passe encore mais il faut éviter la mobilisation générale. Sur ce point l'expérience lui a apprise qu'il pouvait compter sur les Chefs syndicaux, voilà que Martine Aubry lui ouvre politiquement la voie. Elle est pas belle la vie de président dans de telles conditions, dommage que les sondages soient exécrables et que la contestation s'exprime dans son propre camp.

L'aide du PS à Sarkozy n'est pas que politique, elle confine à une véritable offre de service. Martine Aubry est disposée à contribuer à « une réforme juste qui va dans le sens du progrès social. » Elle a un certain sens de l'humour noir la dame en associant à progrès social la suppression de la retraite à 60 ans. Arnaud Montebourg se dit « assez favorable à la construction d'un compromis national. » Mais le meilleur c'est Manuel Valls qui propose comme en 1914 : « un pacte national entre le pouvoir et l'opposition avec les partenaires sociaux. »

Ces prises de positions de dirigeants du PS illustrent la politique de social-démocratie qui vole au secours de sa bourgeoisie chaque fois que cette dernière est (ou peut être) en danger.

EF

 

1.- En effet pour pouvoir partir à 60 ans après avoir cotisé pendant 41 ans, il faut avoir une carrière complète depuis l'âge de 19 ans. Cela devient de plus en plus impossible.
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 19:10

logocgt.jpg« Je veux rendre un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités » ainsi s'exprimait le Chef de l'État ors de ses vœux le 31 décembre 2009. Dans la langue de bois officielle les « partenaires sociaux » regroupent le MEDEF et les organisations syndicales. Ces dernières sont placées devant l'alternative suivante : soit poursuivre dans la démarche de 2009 qui a conduit comme le souligne Alain Minc à « canaliser le mécontentement » et à « cogérer cette crise avec l'État » [1], soit travailler à la construction d'une mobilisation générale contre la politique du Président.

Cette alternative a traversé les débats du 49e congrès de la CGT qui s'est tenu du 7 au 11 décembre 2009. D'une part la voix de l'opposition syndicale lutte de classe s'est faite entendre et d'autre part la direction confédérale a fait valider sa stratégie de syndicalisme institutionnel et mis en chantier une refonte totale des structures. Ce dernier point constitue la grande nouveauté du congrès. L'objectif est de briser les outils actuels qui sont loin d'être parfaits mais dont le principal défaut est de ne pas être adaptés au « dialogue social » tant au niveau du pays que de l'Union européenne. L'enjeu du projet est de rendre la CGT compatible avec l'accord sur la représentativité syndicale et avec la future réforme des collectivités territoriales. Cela passe par la mise en hibernation du syndicat d'entreprise ou sur le lieu d'exploitation au profit de petites structures de permanents incontrôlables disposant de l'expertise nécessaire pour dialoguer avec les experts du patronat et du pouvoir. La déjà significative expérience du Conseil d'orientation des retraites montre ce que cela peut donner : des bataillons de clones de Jean-Christophe Le Duigou.

Malgré toute la minutie mise en œuvre par la bureaucratie dans la sélection des déléguées, ceux qui contestent l'orientation confédérale et ses brillants résultats ont pu s'exprimer avec plus de force qu'au précédent congrès [2]. Parmi les points les plus critiqués il y a la signature avec le MEDEF de l'accord sur la représentativité auquel un délégué de la chimie oppose la perspective suivante : « la grande force de la CGT n'est pas dans la cogestion mais dans le rapport de force » à construire. Répondant à la caricature de Bernard Thibault faisant passer les opposants soit pour des sectaires soit pour des jusqu'au-boutistes, une déléguée des services publics remet les pendules à l'heure : « nous considérons que la mobilisation interprofessionnelle doit se fonder sur les revendications, l'unité syndicale est un moyen et non un but. » A la lumière de la plate-forme intersyndicale du 5 janvier 2009 sans contenu concret, de la participation au simulacre de dialogue avec Nicolas Sarkozy le 18 février 2009 et à l'encadrement des journées de grèves pour qu'elles ne dépassent pas la limite permise et qu'elles s'éteignent d'elles-mêmes ; bref à la lumière de l'année 2009 cette intervention correspond au défi qui est posé aux militants de la CGT.

Depuis plusieurs années la direction confédérale a renoncé à toute revendication concrète et chiffrée. Elle préfère les concepts plus ou moins fourre tout. Il en va ainsi du nouveau statut du travail salarié, de la sécurité sociale professionnelle (concept repris parfois dans le discours présidentiel) et aujourd'hui du développement humain durable ou encore de la maison commune des retraites. L'introduction du discours confédéral part de la réalité du salariat de plus en plus en miettes, avec des statuts disparates et de moins en moins protecteurs, avec l'explosion de la sous-traitance et de la précarité. Parvenu dans son développement le discours confédéral se perd dans les dédales ambigües du langage technocratique. Quant à la conclusion, deux délégués au congrès, l'une de l'agroalimentaire et l'autre des organismes sociaux, la tirent en ces termes font justes il s'agit finalement d'une : « adaptation de la CGT à la précarité montante, non son combat. »

Ce qui a effectivement fait la différence entre le 49e congrès et les précédents, et qui en fait un congrès pas comme les autres, ce fut la candidature de Jean-Pierre Delannoy au poste de secrétaire général, candidature défendue par le Comité national pour une CGT de lutte de classes et ayant reçue plus de 2 000 soutiens d'organisations syndicales ou de militants. Dans son intervention au congrès, Jean-Pierre Delannoy a posé le problème en ces termes : « Sortir de la démarche institutionnelle et redonner la priorité aux organisations syndicales de base » ; « La CGT ne doit pas être une organisation d'accompagnement du système capitaliste et de la politique gouvernementale ». L'expérience des décennies passées pose la question « d'en finir avec la spirale de l'échec ». En effet, à part l'enterrement du CPE (contrat première embauche de Chirac-Villepin), qu'a pu imposer le monde du travail au patronat et au gouvernement ?

La direction confédérale a pris la mesure de l'ampleur de la bataille en cours dans la CGT. Tout en confirmant son orientation de syndicat institutionnel, tout en accélérant la mutation en ouvrant le chantier de la réorganisation, elle a accepter de lâcher un petit lest symbolique. Ainsi il y a quelques différences entre le projet de résolution et le document voté. On voit apparaître des passages comme : « Le capitalisme conduit à des crises multiples et récurrentes dont les populations sont les premières victimes » ; « La CGT a naturellement une responsabilité particulière dans la bataille contre les orientations du patronat et du gouvernement » ; « c'est ce qui fonde son [la CGT] caractère de masse et de classe. »

Certes nous ne sommes pas naïfs et il ne suffit pas de s'afficher contre la politique du patronat et du gouvernement ou mieux se prétendre de classe pour l'être effectivement. C'est dans la pratique au quotidien que cela se mesure. Les militants attachés à une CGT qui ne compose pas dans les faits avec le patronat et surtout avec le pouvoir ne peuvent se satisfaire de déclarations de principes qui généralement s'évanouissent sitôt le congrès fini. Au contraire, ils vont poursuivre leur action à l'intérieur de la CGT; cela passe par le développement du Comité national pour une CGT de lutte de classes. Bernard Thibault peut bien menacer comme quoi la CGT ne « peut fonctionner avec des écuries et des tendances ». L'écurie dont il est le poulain conduit la CGT dans l'impasse du « dialogue social » et autres « diagnostics partagés » dont les fruits ne sont comestibles que pour le patronat. L'écurie confédérale est la plus mal placée pour donner des leçons de démocratie. Elle vient d'innover en créant un poste hors statuts de conseiller personnel du secrétaire général confié à un certain Le Duigou.

Le test grandeur nature de l'enjeu de la bataille politique, au sens de stratégie et de tactique, sera la question des retraites que Nicolas Sarkozy a décidé de remettre sur le tapis cette année, sûrement après les élections régionales afin de ne pas embarrasser la gauche parlementaire. Alain Minc, l'homme qui parle à l'oreille du Président, annonce la couleur : « Il faut jouer sur le niveau des pensions, sur leur indexation et sur la durée de cotisation. L'équation est simple, même si elle est politiquement difficile. Je pense qu'il est temps d'envoyer un signal très fort, et d'allonger la durée de cotisation, le cas échéant en prenant mieux compte le facteur pénibilité. » Et il ajoute, comme si de la bataille des retraites en France dépendait l'avenir du capitalisme mondial : « La réforme des retraites sera aussi un signal de sérieux adressé au monde entier. » [3]

Mais le tableau peint par Alain Minc est incomplet. Ainsi l'article 75 de la loi de financement de la sécurité sociale de 2009 stipule : « Avant le 1er février 2010, le Conseil d’orientation des retraites remet aux commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat un rapport sur les modalités techniques de remplacement du calcul actuel des pensions personnelles par les régimes de base d’assurance vieillesse légalement obligatoires, soit par un régime à points, soit par un régime de comptes notionnels » Ce projet n'a rien de technique. C'est la fin programmée du régime par répartition. Plus question, tous les cinq ou six ans, de devoir légiférer sur l'âge de départ à la retraite ou sur le nombre d'années de cotisation avec le risque d'une explosion sociale. En effet, le salarié devient « libre » de partir en retraite en fonction du nombre de points péniblement accumulés. Enfin, cette option favorise grandement l'arrivée des assurances privées puisqu'elle transforme la retraite en une forme d'épargne personnelle.

Comme on peut s'en rendre compte, l'enjeu de la bataille des retraites est vital pour les salariés. Que prévoit sur ce point le 49e congrès de la CGT. Sa vague proposition de maison commune des retraites n'apporte pas grand chose pour se préparer à l'affrontement. Il s'agit de « garantir l'ouverture des droits à 60 ans avec un taux de remplacement d'au moins 75% et l'indexation sur les salaires ». Ce qui est le strict minimum, mais pour pouvoir partir à 60 ans après 40 à 42 ans [4] de cotisation il faut avoir commencé à travailler jeune et que le patronat ne se débarrasse pas des « vieux » dès 57 ans. Voilà pourquoi la durée de cotisation demeure la question centrale. Et là la direction confédérale est aux abonnés absents. Après avoir cédé sur les 37,5 années, elle « entend arrêter la spirale de la durée de cotisation » [5] Traduit en clair, en 2003 nous avons perdu sur les 42 ans, de grâce Monsieur le Président n'aggravez pas la situation.

Ce n'est pas faire de l'opposition systématique que de dire que ce n'est pas ainsi que l'on peut préparer la riposte à l'offensive qui se profile et dont on connait le contenu dans ses grandes lignes. Si la direction confédérale veut vraiment, comme le dit Bernard Thibault dans l'euphorie d'un congrès, faire de la contre-réforme finale des retraites « le marqueur de la volonté de résistance des salariés » c'est dès aujourd'hui qu'il faut engager la campagne pour faire monter du cœur de la classe ouvrière le rejet du plan gouvernemental.

Car, au vue de ce qui se trame il ne s'agit pas simplement de résister le plus longtemps possible. Il faut battre le gouvernement. Il faut gagner le retour de la retraite à 60 ans et après 37,5 années de cotisation pour tous.

La mobilisation ne peut pas se construire à partir d'un discours ambigüe laissant entendre que des concessions seraient possibles. Il est grand temps de briser la spirale de l'échec.

Emile Fabrol

 

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1.- Le Parisien du 27 décembre 2009.

2.- Les citations de délégués qui suivent sont tirées du numéro de décembre 2009 de Options, journal de l'UGICT-CGT.

3.- Le Figaro du 4 janvier 2010.

4.- Contre-réforme Fillon de 2003.

5.- Résolution votée par le 49e congrès.

Publié dans : promethee
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Les militants et les militantes communistes qui animent ce site contribuent à :

Démontrer que le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire.

Reforger une conscience politique du prolétariat sévèrement mise à mal par l'expérience des États dits socialistes" et par le triste bilan des gouvernements de "gauche".

Affirmer et défendre, en toutes circonstances, l'indépendance politique du prolétariat vis-à-vis de la bourgeoisie.

Promouvoir la nécessaire libération du capitalisme en réaffirmant que "l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes".

Faire émerger l'indispensable unité internationale du prolétariat pour en finir avec la mondialisation et ses guerres impérialistes.

Militer pour l'organisation du prolétariat "en classe et donc en parti politique".

Les pages de ce site sont ouvertes à l'analyse, à la réflexion et au débat pour comprendre le monde sous domination impérialiste et œuvrer à sa transformation révolutionnaire.

Pour nous écrire promcomm@gmail.com.

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